Dom Bédos de Celles

 

François Lamathe Bédos de Celles de Salelles, dit Dom Bédos de Celles, né à Caux, diocèse de Béziers le 24 janvier  1709, mort à l'abbaye de Saint-Denis le 25 novembre 1779, est un moine bénédictin, facteur d'orgues et gnomonique. Probablement aussi organiste, il aurait tenu plusieurs grands instruments : Abbatiale sainte-croix de Bordeaux, Cathédrale d'Aire-sur-l'Adour, Couvent Saint-Allyre à Clermont-Ferrand, Abbaye de Saint-Thibéry.


Biographie

Dom Bédos est né à Caux, diocèse de Béziers le 24 janvier  1709, d'une famille de très vieille noblesse. François fait ses humanités au collège des Oratoriens de Pézenas et reçoit la tonsure et les quatre premiers ordres mineurs des mains de monseigneur de Rousset, évêque de Béziers, entre 1720 et 1725. Il doit le qualificatif « Dom » à son appartenance à l'ordre religieux des Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur, et c'est à la Daurade, à Toulouse qu'il effectue son noviciat et fait sa profession de foi en 1726, à l'âge de 17 ans.

Organier reconnu, il est appelé sur de nombreux chantiers pour construire (rarement), réparer, expertiser (souvent) ou conseiller d’autres facteurs d’orgues : Abbatiale Sainte-Croix de Bordeaux (de 1744 à 1748), Abbaye bénédictine de Saint-Allyre à Clermont-Ferrand (de 1748 à 1751), Saint-Thibéry (1750-1751) (actuellement orgue de la Basilique ND des Tables de Montpellier), Aire-sur-l'Adour en 1758, Abbaye de Saint-Sever-de Rustan (1760), Le Mans, Narbonne, Pézenas, Sarlat, Toulouse, Tours, etc.

Érudit mathématicien et géomètre, Dom Bédos est correspondant de l’Académie royale des Sciences en 1758 et, l’année suivante, est élu à l’Académie de Bordeaux. En 1760 il publie La Gnomonique pratique ou l’Art de tracer les cadrans solaires avec la plus grande précision, un des meilleurs traités de gnomonique. Cette publication bénéficie du parrainage du Secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences. L'Académie des Sciences de Paris éditera ensuite son grand ouvrage, "L'Art du Facteur d’orgues".



Son traité:   "l'Art du Facteur d'Orgues"

En 1763, il se retire en effet en l'Abbaye bénédictine de Saint-Denis et, à la demande de l’Académie royale des sciences de Paris, y commence la rédaction d’un traité théorique et pratique de facture d’orgue qui absorbera les dernières années de sa vie. Publié de 1766 à 1778, "L'Art du facteur d’orgues"  est une somme monumentale sur l’orgue classique français du 18ème siècle, qui fait encore autorité auprès des facteurs d’orgues contemporains.

Dom Bédos est mort à l'abbaye de Saint-Denis le 25 novembre 1779. Dans ses Mémoires, Ferdinand-Albert Gautier, organiste de cette abbaye de 1763 à 1793, parle de lui en ces termes : "C’était un homme de très grand mérite, et qui fit honneur à l’abbaye de Saint-Denis par ses hauts talents. (…) Cet artiste excelloit dans plusieurs genres. Il étoit d’un fini et d’un précieux très rares à rencontrer, et dont on a peine à se faire une juste idée. Il étoit sçavant mathématicien, il faisoit tous ses outils et instruments lui-même. Il n’auroit pas trouvé, selon lui, d’ouvriers assez précieux pour les lui faire selon ses désirs. Enfin, c’est un de ces hommes utiles à la Société et qui joignoit à cela les qualités d’un bon religieux : doux, affable, obligeant et très laborieux, étant estimé des sçavants et jouissant de la réputation la mieux acquise par la supériorité de ses talents, et dont il ne se prévalut jamais."

"L'Art du facteur d’orgues"  est un ouvrage impérissable devenu la Bible de l’orgue classique français : tout y est détaillé, de la façon de faire un tuyau aux outils les mieux adaptés au moindre geste. Sur le plan du « bon goût », tant dans l'esthétique des buffets que dans la composition des jeux et leur mise en harmonie, l'auteur sait expliquer dans la langue la plus claire qui soit, et guider sans trancher de façon péremptoire.

Ce traité auquel se réfèrent tous les facteurs d’orgues, devrait aussi être bien connu de tous les organistes… qui doivent savoir ce qui se « cache » derrière les tuyaux de leur orgue.